Obligations RSE par taille d'entreprise : entretien avec Élodie Vasseur
Élodie Vasseur, conseillère RSE indépendante à Nantes depuis neuf ans, décrypte pour les PME et ETI les seuils d'obligation RSE en 2026 : 250 salariés pour la CSRD, 5 000 à 10 000 pour le plan de vigilance, et la pression indirecte qui touche désormais toutes les tailles d'entreprise via la chaîne de valeur. Entretien éditorial avec conseils concrets pour anticiper sans attendre l'obligation légale.
Bienvenue sur Les Rencontres Écologie Travail, le site dédié aux enjeux de la transition écologique en entreprise. Aujourd’hui, nous nous penchons sur un sujet crucial pour la pérennité et la compétitivité des entreprises françaises : les obligations RSE. Avec un paysage réglementaire en constante évolution et des attentes sociétales grandissantes, il est impératif pour les dirigeants de comprendre les seuils et les implications des dispositifs comme la CSRD ou le plan de vigilance. Pour décrypter ces mécanismes complexes et offrir des conseils pratiques aux PME et ETI, nous avons le privilège d’accueillir Élodie Vasseur, conseillère RSE indépendante basée à Nantes, dont l’expertise de près d’une décennie éclaire de nombreuses structures dans leur démarche de conformité et d’engagement durable.
Pouvez-vous vous présenter et nous éclairer sur votre rôle dans l’accompagnement RSE
Hélène Vasseur : Pouvez-vous vous présenter et nous éclairer sur votre rôle dans l'accompagnement RSE ?
Élodie Vasseur : Bonjour Hélène, et merci de m'accueillir. Je suis Élodie Vasseur, et depuis neuf ans, j'accompagne des PME et des ETI, principalement dans la région Ouest, mais aussi à l'échelle nationale, pour les aider à naviguer dans le vaste univers de la responsabilité sociale des entreprises. Mon rôle est avant tout stratégique et opérationnel. Il s'agit de comprendre les spécificités de chaque entreprise — sa taille, son secteur d'activité, sa culture — pour élaborer une feuille de route RSE pertinente et surtout, actionnable. En 2026, la RSE n'est plus une option, c'est un pilier de la performance globale. Je les aide à identifier leurs impacts environnementaux et sociaux, à évaluer les risques et les opportunités liés à la durabilité, et à mettre en place des actions concrètes. Cela va de la réalisation d'un bilan carbone à la mise en place d'une gouvernance éthique, en passant par l'amélioration des conditions de travail ou l'intégration de critères sociaux et environnementaux dans la chaîne d'approvisionnement. Mon objectif est de transformer la contrainte réglementaire perçue en un véritable levier de valeur ajoutée, de compétitivité et d'innovation pour l'entreprise.
En 2026, quels sont les seuils réglementaires clés en matière d’obligations RSE, notamment la CSRD
Hélène Vasseur : En 2026, quels sont les seuils réglementaires clés en matière d'obligations RSE, notamment la CSRD ?
Élodie Vasseur : En 2026, le paysage réglementaire RSE est profondément marqué par l'entrée en vigueur progressive de la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), une directive européenne qui représente une véritable révolution dans le reporting extra-financier. Les seuils sont désormais bien définis et impactent un nombre croissant d'entreprises. Pour l'exercice fiscal 2025, avec une publication des rapports en 2026, les premières entreprises concernées sont celles déjà soumises à la DPEF (Déclaration de Performance Extra-Financière) en France, soit les grandes entreprises cotées et non cotées, ainsi que les banques et assurances de plus de 500 salariés.Mais le véritable élargissement arrive pour l’exercice fiscal 2026, avec des publications en 2027. À partir de cette date, la CSRD s’appliquera à toutes les grandes entreprises qui remplissent au moins deux des trois critères suivants :
- Un total de bilan supérieur à 20 millions d’euros.
- Un chiffre d’affaires net supérieur à 40 millions d’euros.
- Un nombre moyen de salariés supérieur à 250.
C’est ce seuil de 250 salariés qui est particulièrement important pour les ETI et certaines grandes PME. Il englobe une part significative du tissu économique français. Ces entreprises devront non seulement produire un rapport de durabilité détaillé, mais aussi le faire auditer par un organisme tiers indépendant. Ce rapport ne se contentera plus d’une simple déclaration ; il exigera une analyse de double matérialité — c’est-à-dire l’évaluation des impacts de l’entreprise sur son environnement et la société, mais aussi l’impact des enjeux de durabilité sur l’entreprise elle-même. C’est une démarche beaucoup plus exigeante et structurée que ce que nous avons connu jusqu’à présent avec la DPEF. D’ailleurs, pour ceux qui souhaitent approfondir les aspects techniques, je recommande vivement de consulter notre guide pratique de mise en conformité CSRD sur ce site.
Qu’en est-il des PME qui ne sont pas directement soumises à la CSRD ? Sont-elles vraiment épargnées
Hélène Vasseur : Qu'en est-il des PME qui ne sont pas directement soumises à la CSRD ? Sont-elles vraiment épargnées ?
Élodie Vasseur : C'est une question fondamentale, Hélène, et la réponse est claire : non, les PME non directement soumises à la CSRD ne sont absolument pas épargnées. Elles seront impactées, et même fortement, de manière indirecte, principalement via leur chaîne de valeur. En 2026, les grandes entreprises et ETI qui, elles, sont tenues de respecter la CSRD, devront collecter une quantité colossale de données extra-financières auprès de leurs fournisseurs, sous-traitants et partenaires. Pourquoi ? Parce que leur propre rapport de durabilité devra couvrir l'ensemble de leur chaîne de valeur, en amont comme en aval.Concrètement, cela signifie qu’une PME de 50 à 200 salariés qui est fournisseur d’un grand groupe concerné par la CSRD recevra inévitablement des questionnaires RSE de plus en plus détaillés et exigeants. Ces questionnaires porteront sur des sujets variés : émissions de gaz à effet de serre, consommation d’eau, gestion des déchets, conditions de travail, respect des droits humains, éthique des affaires, biodiversité, et bien plus encore. Ne pas être en mesure de fournir ces informations de manière fiable et transparente pourrait devenir un critère éliminatoire lors des appels d’offres ou des renouvellements de contrats — un enjeu détaillé dans notre entretien avec une acheteuse responsable sur l’intégration de critères ESG dans les appels d’offres. On assiste à une « capillarité » de l’obligation RSE. Les donneurs d’ordre, pour être conformes, vont répercuter la pression sur leurs partenaires. Par exemple, un grand distributeur agroalimentaire soumis à la CSRD exigera de ses fournisseurs, même de petites exploitations agricoles, des preuves de pratiques durables. On voit d’ailleurs une forte demande dans le secteur, comme en témoignent les sujets abordés dans des articles comme agriculture durable et emploi. L’enjeu est donc de taille : la RSE devient un critère de compétitivité et d’accès au marché, même pour les plus petites structures.
Le plan de vigilance concerne des entreprises de plus grande taille. Comment cela impacte-t-il leurs fournisseurs, souvent des PME
Hélène Vasseur : Le plan de vigilance concerne des entreprises de plus grande taille. Comment cela impacte-t-il leurs fournisseurs, souvent des PME ?

Élodie Vasseur : Le plan de vigilance, instauré par la loi française de 2017, est un dispositif précurseur qui impose à certaines grandes entreprises d'établir et de mettre en œuvre un plan de vigilance raisonnable pour identifier et prévenir les risques d'atteintes graves aux droits humains et aux libertés fondamentales, à la santé et à la sécurité des personnes, ainsi qu'à l'environnement, résultant de leurs activités et de celles de leurs filiales, sous-traitants et fournisseurs. Les seuils sont élevés : 5 000 salariés en France ou 10 000 salariés dans le monde.Bien que ces seuils soient bien supérieurs à ceux de la CSRD, l’impact sur les PME fournisseurs est direct et puissant. Les entreprises soumises au plan de vigilance doivent cartographier leurs risques et mettre en place des mesures d’atténuation. Cela implique une due diligence approfondie de leur chaîne de valeur. Concrètement, cela se traduit par des exigences contractuelles accrues pour les fournisseurs, y compris les PME. Ces dernières peuvent être amenées à :
- Répondre à des audits sociaux et environnementaux menés par leurs clients ou des tiers mandatés.
- Mettre en place des codes de conduite ou des chartes éthiques alignés sur ceux de leurs donneurs d’ordre.
- Fournir des preuves de traçabilité de leurs produits et de leurs matières premières.
- Démontrer des pratiques responsables en matière de gestion des ressources humaines, de sécurité au travail ou de protection de l’environnement.
Par exemple, une PME du secteur du textile, fournisseur d’un grand groupe de mode, devra prouver que ses ateliers respectent les normes de travail décentes et que ses matières premières ne proviennent pas de zones à risque en termes de droits humains ou de déforestation. Le non-respect de ces exigences peut entraîner la rupture de contrats ou des litiges coûteux pour le donneur d’ordre, ce qui le pousse à être extrêmement vigilant. C’est une pression considérable qui pousse les PME à intégrer ces considérations dans leur propre gestion des risques et leurs opérations quotidiennes, même si elles ne sont pas directement soumises à l’obligation légale du plan de vigilance.
Quelles sont les erreurs les plus courantes que vous observez chez les PME qui tentent d’anticiper ces évolutions
Hélène Vasseur : Quelles sont les erreurs les plus courantes que vous observez chez les PME qui tentent d'anticiper ces évolutions ?
Élodie Vasseur : Avec près d'une décennie d'expérience sur le terrain, j'ai pu identifier des erreurs récurrentes chez les PME désireuses d'anticiper les obligations RSE, mais qui s'y prennent parfois de manière inefficace. La première erreur majeure est l'**approche cosmétique ou greenwashing**. Certaines entreprises se contentent de communiquer sur quelques actions isolées (recyclage des gobelets, mécénat) sans une véritable stratégie de fond. Or, en 2026, avec la transparence exigée par la CSRD et la vigilance accrue des parties prenantes, cette approche est non seulement inefficace, mais risquée pour la réputation. Les consommateurs, les investisseurs et les partenaires sont de plus en plus avertis et exigent de la substance.Une autre erreur fréquente est le manque de vision globale et d’intégration transversale. La RSE n’est pas l’affaire d’un seul service ; elle doit infuser toutes les strates de l’entreprise. Ne pas impliquer la direction générale, les achats, la production, les ressources humaines, c’est se priver d’une force de frappe considérable. J’ai vu des PME lancer des initiatives sans le soutien de la direction, qui s’essoufflent rapidement faute de moyens ou de légitimité.
Ensuite, il y a la sous-estimation de l’effort de collecte de données et de formalisation. Beaucoup pensent qu’il suffit d’avoir de « bonnes pratiques ». Mais la CSRD et les exigences des donneurs d’ordre demandent des preuves quantifiables, des indicateurs précis, et une traçabilité rigoureuse. C’est un travail qui demande du temps, des outils et des compétences spécifiques. Attendre le dernier moment pour collecter des données sur la consommation d’énergie de 2025, par exemple, est une erreur qui peut coûter cher.
Enfin, je constate souvent un manque de priorisation. Face à la multitude des enjeux RSE, les PME peuvent se sentir dépassées et tenter de tout faire à la fois, sans hiérarchiser. Il est essentiel de réaliser une analyse de matérialité — même simplifiée — pour identifier les enjeux les plus pertinents pour l’entreprise et ses parties prenantes, et concentrer les efforts là où l’impact sera le plus significatif.
Pour une PME de 50 à 200 salariés, quels conseils concrets donneriez-vous pour se préparer dès aujourd’hui, sans attendre une obligation directe
Hélène Vasseur : Pour une PME de 50 à 200 salariés, quels conseils concrets donneriez-vous pour se préparer dès aujourd'hui, sans attendre une obligation directe ?
Élodie Vasseur : Pour une PME de 50 à 200 salariés, l'anticipation est la clé, Hélène. Ne pas attendre l'obligation légale, c'est transformer une contrainte future en un avantage concurrentiel actuel. Voici mes conseils concrets pour 2026 et au-delà :
Réaliser un diagnostic initial et une analyse de matérialité simplifiée : Commencez par évaluer où vous en êtes. Quels sont vos impacts environnementaux (énergie, déchets, eau) et sociaux (conditions de travail, diversité, engagement local) ? Quels sont les enjeux de durabilité les plus pertinents pour votre secteur d’activité et vos parties prenantes ? Cela permet de définir vos priorités.
Engager la direction et former les équipes clés : La RSE doit être portée par la direction. Désignez un référent RSE ou créez un comité de pilotage pluridisciplinaire. Organisez des sessions de sensibilisation pour les managers et les collaborateurs.
Mettre en place un système de collecte de données fiable : C’est le nerf de la guerre. Commencez à collecter de manière systématique des données sur votre consommation d’énergie (électricité, gaz, carburant), d’eau, votre production de déchets, vos émissions de CO2 (via un bilan carbone), vos indicateurs sociaux (absentéisme, formation, parité).
Prioriser le bilan carbone : C’est souvent le premier pas le plus structurant. La réalisation d’un bilan carbone ou d’une analyse de l’empreinte carbone permet de quantifier vos émissions de gaz à effet de serre et d’identifier les postes les plus émetteurs. C’est un outil puissant pour engager une démarche de réduction concrète et chiffrée. Cela vous donnera une longueur d’avance et répondra aux attentes de vos clients soumis à la CSRD. D’ailleurs, notre entretien avec une juriste sur l’historique réglementaire du bilan carbone est une ressource très pertinente pour comprendre l’évolution de cette exigence.
Renforcer la transparence et la communication : Même sans obligation, commencez à communiquer sur vos engagements RSE. Un rapport annuel d’activités incluant une section RSE, une page dédiée sur votre site web, ou des communications régulières sur les réseaux sociaux peuvent valoriser vos efforts et rassurer vos partenaires.
Intégrer la RSE dans les achats et la chaîne d’approvisionnement : Vos fournisseurs sont aussi une part de votre empreinte. Intégrez des critères RSE dans vos appels d’offres, favorisez les fournisseurs locaux et responsables. Par exemple, pour les entreprises du secteur alimentaire ou de la restauration, privilégier les circuits courts et la production locale est une démarche RSE concrète et très appréciée.
S’inspirer des meilleures pratiques et se faire accompagner : Ne réinventez pas la roue. Participez à des ateliers, des conférences, échangez avec d’autres PME. Et n’hésitez pas à solliciter un accompagnement externe, par exemple en consultant des retours d’expérience sur des démarches d’évaluation et d’amélioration continue des politiques publiques, transposables aux démarches RSE internes. L’investissement initial est souvent largement compensé par les bénéfices à long terme en termes de réputation, d’attractivité des talents et de performance économique.
Auriez-vous un exemple concret, une anecdote récente, illustrant les bénéfices d’une démarche RSE anticipée pour une PME
Hélène Vasseur : Auriez-vous un exemple concret, une anecdote récente, illustrant les bénéfices d'une démarche RSE anticipée pour une PME ?
Élodie Vasseur : Absolument, Hélène. J'ai un cas très parlant qui illustre parfaitement l'intérêt d'anticiper. Il s'agit d'une PME nantaise, OptiLogistics, spécialisée dans les solutions logistiques pour le e-commerce, avec environ 180 salariés. En 2023, son dirigeant, Monsieur Dubois, est venu me voir, inquiet des rumeurs sur l'élargissement des obligations RSE. Il n'était pas directement concerné par la DPEF ni la CSRD à l'époque, mais il avait des clients grands comptes qui commençaient à poser des questions sur la durabilité de ses opérations.
Nous avons lancé une démarche proactive. Le premier pas a été un diagnostic RSE rapide, suivi d’un bilan carbone en scope 1, 2 et 3 partiel (transport amont/aval, consommation d’énergie des entrepôts). Les résultats ont été éloquents : le poste le plus émetteur était le transport, ce qui n’était pas une surprise, mais la quantification a permis de le visualiser clairement. Nous avons ensuite travaillé sur une feuille de route : optimisation des tournées de livraison, acquisition progressive de véhicules électriques ou hybrides, installation de panneaux solaires sur un nouvel entrepôt, et mise en place d’une politique de gestion des emballages plus vertueuse avec des matériaux recyclés et réutilisables.
En 2025, un de ses principaux clients, un acteur majeur de la distribution soumis à la CSRD pour son reporting 2026, a lancé un appel d’offres pour renouveler ses contrats logistiques. Le questionnaire RSE était d’une complexité inédite, exigeant des données précises sur les émissions de GES, la consommation d’énergie, la gestion des déchets, mais aussi sur la formation des chauffeurs à l’éco-conduite et les conditions de travail. Grâce à notre travail anticipé, OptiLogistics a pu répondre avec une précision et une transparence que peu de ses concurrents pouvaient égaler. Ils ont même pu mettre en avant la traçabilité de leurs emballages et leur partenariat avec une entreprise d’insertion pour le tri.
Résultat ? OptiLogistics a non seulement remporté l’appel d’offres, mais a également négocié des conditions plus avantageuses, le client reconnaissant la valeur ajoutée de leur engagement RSE. Monsieur Dubois m’a confié que cette démarche, initialement perçue comme un investissement, était devenue un puissant levier commercial et un facteur de différenciation majeur. C’est un exemple parfait de la façon dont l’anticipation transforme une potentielle contrainte en un avantage compétitif durable. Les entreprises qui recrutent dans ces domaines, comme celles citées dans l’interview sur l’emploi dans l’agriculture durable en 2026, recherchent précisément ces profils d’entreprises engagées.
Pour conclure, démêlons le vrai du faux sur quelques idées reçues concernant la RSE en entreprise
Hélène Vasseur : Pour conclure, démêlons le vrai du faux sur quelques idées reçues concernant la RSE en entreprise.
Élodie Vasseur : Excellente idée, Hélène. Il y a beaucoup de fausses informations qui circulent, ce qui peut freiner l'engagement des PME.1. « La RSE, c’est seulement pour les grandes entreprises. » FAUX. C’est l’idée reçue la plus tenace, mais elle est totalement dépassée en 2026. Si les obligations directes comme la CSRD ciblent d’abord les grandes structures, l’impact indirect via la chaîne de valeur, les attentes des clients, des salariés et même des banques, rend la RSE incontournable pour les PME.
2. « Mettre en place une démarche RSE coûte cher et ne rapporte rien. » FAUX. C’est un investissement, certes, mais un investissement rentable à moyen et long terme. Les bénéfices sont multiples : réduction des coûts opérationnels, amélioration de la marque employeur, accès facilité aux financements verts, meilleure gestion des risques, innovation. L’exemple d’OptiLogistics le démontre bien : la RSE est un levier de croissance.
3. « La RSE, c’est juste du greenwashing ou de la communication. » FAUX. Si le greenwashing existe, la RSE authentique est une démarche de transformation profonde de l’entreprise. En 2026, avec des directives comme la CSRD exigeant des données auditées et une double matérialité, la communication seule ne suffit plus.
4. « Les obligations RSE sont trop complexes, on ne s’en sortira jamais. » FAUX. Il est vrai que le cadre réglementaire est dense et évolutif. Cependant, des ressources existent et des accompagnements spécialisés sont là pour simplifier la démarche. Commencer par un bilan carbone ou un diagnostic RSE simple est déjà un excellent point de départ.
Résumé synthétique : seuils réglementaires évoqués par Élodie Vasseur
| Dispositif | Seuil d’application | Entreprises directement concernées |
|---|---|---|
| CSRD (exercice 2026, publication 2027) | 250 salariés et 2 critères sur 3 (bilan > 20 M€ ou CA > 40 M€) | Grandes entreprises et ETI |
| Plan de vigilance | 5 000 salariés en France ou 10 000 dans le monde | Environ 300 grandes entreprises françaises |
| Impact indirect chaîne de valeur | Aucun seuil légal | PME fournisseurs de grands groupes soumis à la CSRD |
À retenir : même une PME de 50 à 200 salariés non soumise directement à la CSRD est concernée en pratique — via les questionnaires RSE de ses donneurs d’ordre. Le bilan carbone reste, selon Élodie Vasseur, le point de départ le plus structurant pour anticiper cette pression indirecte.
En conclusion, l’année 2026 marque un tournant décisif pour les obligations RSE en entreprise. La CSRD, le plan de vigilance et les attentes croissantes des marchés et des parties prenantes redéfinissent les contours de la performance des organisations. Les PME et ETI, même non directement soumises aux seuils les plus élevés, sont et seront inévitablement impactées, faisant de l’anticipation une stratégie non seulement judicieuse, mais essentielle pour leur pérennité et leur compétitivité.
Les 3 points à retenir :
- La RSE est incontournable pour toutes les entreprises en 2026 : les seuils de la CSRD à 250 salariés et l’impact indirect via les chaînes de valeur rendent la démarche RSE universelle, bien au-delà des grands groupes.
- L’anticipation est un avantage stratégique : préparer sa PME ou ETI en amont permet de transformer une contrainte réglementaire future en un levier de différenciation commerciale, comme le montre l’exemple d’OptiLogistics.
- Le bilan carbone est le point de départ le plus structurant : avant toute autre démarche, mesurer ses émissions donne une base chiffrée pour prioriser les actions et dialoguer avec ses donneurs d’ordre soumis à la CSRD.
Questions frequentes
250 salariés, avec un total de bilan supérieur à 20 millions d'euros ou un chiffre d'affaires net supérieur à 40 millions d'euros (au moins deux des trois critères doivent être remplis). Les publications correspondant à l'exercice 2026 paraîtront en 2027.
Non. Les PME sont impactées indirectement via leur chaîne de valeur : les grandes entreprises soumises à la CSRD répercutent leurs exigences de données sur leurs fournisseurs et sous-traitants à travers des questionnaires RSE de plus en plus détaillés.
5 000 salariés en France ou 10 000 salariés dans le monde. Environ 300 grandes entreprises françaises sont directement concernées, mais l'impact se répercute sur leurs fournisseurs PME via des exigences contractuelles de traçabilité et d'audit.
Réaliser un diagnostic initial et un bilan carbone, même partiel. C'est l'étape la plus structurante : elle donne une base chiffrée pour prioriser les actions et répondre aux questionnaires RSE des donneurs d'ordre soumis à la CSRD.
L'attentisme et l'approche cosmétique : se dire que l'on n'est pas concerné, ou se contenter de communiquer sur quelques actions isolées sans stratégie de fond. Cette approche est rapidement démasquée par les parties prenantes en 2026.




