Achats responsables et devoir de vigilance fournisseurs : entretien avec une acheteuse RSE
La loi sur le devoir de vigilance et la pression réglementaire CSRD poussent les entreprises à intégrer des critères environnementaux et sociaux dans leurs achats. Entretien avec Claire Delannoy, acheteuse responsable senior depuis 14 ans, sur les méthodes concrètes d'audit fournisseurs et de sélection ESG dans les appels d'offres.
Dans les bureaux feutrés d’un grand complexe industriel à Nantes, Hugo Vasseur, journaliste spécialisé dans les mutations économiques, rencontre Claire Delannoy. Avec 14 ans d’expérience dans les achats, Claire est aujourd’hui une figure de proue des achats responsables en France. Elle pilote la stratégie RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et le devoir de vigilance pour un groupe international. L’objectif de cet entretien est de décrypter les enjeux massifs qui attendent les directions achats à l’horizon 2026, entre durcissement réglementaire et nécessité de transformation opérationnelle.
Introduction : Le nouveau paradigme des achats responsables
Hugo Vasseur : Bonjour Claire. Pour commencer, on a le sentiment que le métier d’acheteur a radicalement changé en dix ans. On est passé d’une culture du “prix le plus bas” à une gestion complexe de la conformité et de l’impact. Comment vivez-vous cette transition sur le terrain ?
Claire Delannoy : Bonjour Hugo. C’est un changement de paradigme total, en effet. Il y a dix ans, ma performance était jugée quasi exclusivement sur le “savings”, les économies directes générées sur les contrats. Aujourd’hui, un bon acheteur est avant tout un gestionnaire de risques et un créateur de valeur durable. Concrètement, cela signifie que je passe autant de temps avec les services juridiques et les experts environnementaux qu’avec les fournisseurs eux-mêmes. On ne peut plus se contenter de signer un contrat et d’attendre la livraison.
Dans les faits, nous devons désormais anticiper des réglementations de plus en plus strictes. Pour les entreprises de toutes tailles, l’échéance de 2026 est cruciale. Beaucoup de mes confrères consultent d’ailleurs déjà le guide RSE obligatoire 2026 et ses seuils pour comprendre comment la loi va s’appliquer à leurs partenaires, car la responsabilité de l’acheteur s’étend désormais sur toute la chaîne de valeur. Si un fournisseur de rang 2 ou 3 commet une faute éthique ou environnementale, c’est l’image et la responsabilité juridique du donneur d’ordre qui sont engagées. Ce qu’on observe sur le terrain, c’est que la donnée extra-financière est devenue aussi précieuse que le prix unitaire d’une pièce.
Hugo Vasseur : On parle beaucoup du “devoir de vigilance”. Pourriez-vous nous expliquer ce que cela implique réellement pour une direction des achats au quotidien ?
Claire Delannoy : Le devoir de vigilance, c’est l’obligation légale pour les grandes entreprises d’identifier et de prévenir les risques d’atteintes graves aux droits humains et à l’environnement chez leurs fournisseurs et sous-traitants. Ça se traduit par la mise en place d’un plan de vigilance robuste. Dans mon quotidien à Nantes, cela veut dire que nous cartographions chaque catégorie d’achat — que ce soit l’acier, les composants électroniques ou même les prestations de nettoyage — en fonction de leur dangerosité potentielle.
Nous utilisons des indices de risques par pays et par secteur. Par exemple, si nous achetons des textiles en Asie du Sud-Est, le niveau de vigilance est maximal sur le travail des enfants et les conditions de sécurité incendie. Mais attention, le risque existe aussi en France, notamment sur le travail dissimulé dans le BTP ou la logistique. Concrètement, nous intégrons des clauses contractuelles qui nous autorisent à réaliser des audits inopinés. Si un fournisseur refuse cette transparence, il sort de notre panel. C’est une approche très pragmatique : on ne cherche pas la perfection immédiate, mais une trajectoire d’amélioration continue et une preuve de bonne foi documentée.
Hugo Vasseur : Comment intégrez-vous concrètement les critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) dans vos appels d’offres sans que cela ne devienne une simple case à cocher ?
Claire Delannoy : C’est tout l’enjeu de la pondération. Si vous mettez le critère RSE à 5 % dans votre grille d’évaluation, le fournisseur comprend que c’est accessoire. Dans mon groupe, nous avons fait passer la pondération RSE à 20 %, voire 30 % pour certains marchés stratégiques. Ce qu’on observe sur le terrain, c’est que cela force les fournisseurs à être réellement innovants.
| Critère d’évaluation | Sous-critères analysés | Pondération classique (avant) | Pondération cible (2026) |
|---|---|---|---|
| Économique | Prix, TCO, conditions de paiement | 70 % | 45 % |
| Technique | Qualité, délais, innovation | 20 % | 25 % |
| Environnemental | Bilan carbone, recyclabilité, gestion des déchets | 5 % | 15 % |
| Social & Éthique | Droits humains, inclusion, santé au travail | 5 % | 15 % |
Concrètement, pour un appel d’offres sur du transport logistique, nous ne demandons plus seulement le prix au kilomètre. Nous exigeons le détail de la flotte (électrique, biogaz, Euro 6), la politique de formation des chauffeurs à l’éco-conduite et les engagements sur la réduction des emballages. On analyse les réponses avec une grille de lecture très précise. Si les réponses sont vagues, comme “nous faisons de notre mieux pour la planète”, le fournisseur perd des points. On veut des chiffres, des certifications comme EcoVadis ou des labels sectoriels reconnus.
Hugo Vasseur : Avec l’arrivée de la directive CSRD, la pression sur le reporting va s’accentuer. Comment préparez-vous vos fournisseurs à cette nouvelle transparence financière et extra-financière ?
Claire Delannoy : La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est un tsunami administratif, mais c’est aussi un formidable levier de transformation. Elle nous oblige à publier des données très précises sur notre “Scope 3”, c’est-à-dire les émissions de gaz à effet de serre produites par nos fournisseurs. Dans les faits, je ne peux pas remplir mon rapport annuel si mes fournisseurs ne me transmettent pas leurs propres données.
Nous avons lancé un vaste programme d’acculturation. Beaucoup de nos partenaires, surtout les PME, sont perdus face à cette complexité. Nous les accompagnons pour qu’ils comprennent le CSRD et la mise en conformité des entreprises car, à terme, s’ils ne sont pas capables de fournir ces indicateurs, ils seront exclus des grands marchés européens. Ça se traduit par des webinaires, des outils de calcul d’empreinte carbone simplifiés et parfois même un soutien technique direct. On leur explique que ce n’est pas une punition, mais un passeport pour rester compétitif en 2026 et au-delà.

Hugo Vasseur : Vous parlez d’audits. Entre les questionnaires d’auto-évaluation et les visites sur site, quelle est la méthode la plus efficace pour garantir la conformité ?
Claire Delannoy : Rien ne remplace le terrain. Les questionnaires d’auto-évaluation sont une première étape nécessaire pour filtrer, mais ils ont leurs limites : tout le monde a tendance à s’embellir sur papier. Ce qu’on observe sur le terrain, c’est que la réalité d’un atelier ou d’une plateforme logistique raconte une histoire bien différente. Lors de mes 14 années de carrière, j’ai vu des usines magnifiques sur brochure qui, une fois sur place, présentaient des issues de secours condamnées ou des équipements de protection individuelle non portés.
Concrètement, nous privilégions les audits tiers, réalisés par des organismes indépendants. Cela garantit une certaine neutralité. Mais en tant qu’acheteuse, j’aime aussi me déplacer. Quand je visite un fournisseur à côté de Nantes ou plus loin en Europe, je regarde le climat social, la propreté, la manière dont les employés interagissent avec leur direction. C’est ce “feeling” pragmatique qui, couplé aux données chiffrées, permet de prendre la bonne décision. Un fournisseur qui investit dans le bien-être de ses salariés est souvent un fournisseur plus stable et plus performant sur le long terme.
Hugo Vasseur : Le risque de greenwashing est omniprésent. Comment une acheteuse aguerrie comme vous fait-elle pour débusquer les fournisseurs qui verdissent artificiellement leur discours ?
Claire Delannoy : C’est un combat de tous les jours. Le greenwashing est devenu très sophistiqué. Pour le débusquer, il faut entrer dans le détail technique. Par exemple, si un fournisseur me propose un produit “100 % recyclable”, je lui demande : “Dans quelle filière ? Avec quel taux de collecte réel en France ?”. S’il me parle de “compensation carbone”, je cherche à savoir s’il a d’abord réduit ses propres émissions.
À retenir : Un fournisseur sérieux ne communique jamais sur des concepts flous. Il s’appuie sur des Analyses de Cycle de Vie (ACV) conformes aux normes ISO 14040/44 et fournit des preuves tangibles, comme des factures d’énergie verte ou des certificats d’origine de matières premières.
Nous formons nos équipes pour comment détecter et éviter le greenwashing de manière systématique. Dans les faits, nous demandons des preuves de “l’allégation environnementale”. Si on nous promet un plastique biosourcé, on veut voir la certification ISCC+. Si on nous parle d’équité sociale, on veut voir les rapports d’audit social de moins de 12 mois. Le doute doit toujours profiter à la vérification. C’est une question de crédibilité pour notre propre reporting RSE.
Hugo Vasseur : N’y a-t-il pas un risque d’étouffer les petites entreprises (PME/TPE) sous le poids de ces exigences ? Comment les intégrez-vous sans les exclure ?
Claire Delannoy : C’est une préoccupation majeure. Si nous appliquons les mêmes exigences à une multinationale qu’à une PME de 20 personnes, nous allons détruire notre tissu industriel local. Concrètement, nous adaptons nos questionnaires. On ne demande pas à une TPE d’avoir une direction RSE structurée, mais on lui demande d’avoir une conscience de ses impacts.
Voici comment nous procédons pour accompagner nos petits fournisseurs :
- Simplification : Utilisation de plateformes de notation adaptées à la taille de l’entreprise.
- Progressivité : On laisse 12 à 24 mois pour atteindre certains paliers de performance.
- Partage de coûts : Parfois, nous mutualisons les audits entre plusieurs donneurs d’ordre pour réduire la facture du fournisseur.
- Dialogue : Nous organisons des journées fournisseurs pour expliquer nos attentes de vive voix.
Ça se traduit par une relation de partenariat plutôt que de subordination. Si une PME est stratégique pour nous, nous avons tout intérêt à l’aider à monter en compétences RSE. C’est aussi cela, l’achat responsable : assurer la pérennité de son écosystème.
Hugo Vasseur : On dit souvent que “le responsable coûte cher”. Est-ce que les achats durables sont forcément synonymes de hausse des prix ?
Claire Delannoy : C’est une idée reçue tenace, mais souvent fausse si l’on raisonne en Coût Total de Possession (TCO - Total Cost of Ownership). Dans les faits, un produit moins cher à l’achat mais qui consomme plus d’énergie, qui tombe en panne plus souvent ou qui expose l’entreprise à un risque de procès pour non-conformité coûte infiniment plus cher au final.
Ce qu’on observe sur le terrain, c’est que l’achat responsable pousse à l’efficience. En réduisant les emballages, on réduit les coûts de transport et de gestion des déchets. En choisissant des composants plus durables, on réduit le service après-vente. De plus, avec la taxe carbone aux frontières et l’augmentation du coût des ressources, l’éco-conception devient un avantage économique direct. L’achat responsable, c’est l’achat intelligent qui anticipe les coûts de demain (taxes, amendes, ruptures de stock liées au climat). Cette même logique de sobriété se retrouve d’ailleurs à l’échelle des foyers, comme le documentent les initiatives portées par le collectif des familles durables, qui partage des retours d’expérience concrets sur la réduction de la consommation au quotidien.

Hugo Vasseur : Entre RSE, CSRD, ESG, Scope 3, Devoir de Vigilance… le jargon est dense. Comment faites-vous pour que vos équipes et vos fournisseurs parlent tous la même langue ?
Claire Delannoy : C’est un vrai défi de communication. On peut vite se noyer dans la “soupe aux acronymes”. Pour harmoniser les pratiques, nous avons créé un référentiel interne. Il est essentiel que l’acheteur qui négocie des pièces de fonderie et celui qui achète du conseil informatique utilisent les mêmes définitions.
Conseil : Ne présumez jamais que votre interlocuteur maîtrise les termes techniques. Un glossaire partagé est la base de toute collaboration saine.
Pour clarifier les choses, nous nous appuyons souvent sur des ressources externes de référence. J’encourage régulièrement mes équipes à consulter le lexique RSE, CSRD et ESG en 50 définitions afin d’être certains que lorsqu’on parle de “matérialité” ou de “durabilité”, tout le monde comprenne la même chose. Concrètement, cela évite les malentendus lors des négociations contractuelles. Une définition floue dans un contrat peut mener à un litige juridique complexe deux ans plus tard.
Hugo Vasseur : Pour conclure cette partie, comment imaginez-vous la fonction achats en 2030 ?
Claire Delannoy : En 2030, je pense que la distinction entre “achats” et “achats responsables” n’existera plus. Tous les achats seront responsables par défaut, car les critères ESG seront totalement intégrés dans les ERP et les systèmes de décision automatisés. On aura une traçabilité totale grâce à la blockchain ou à des passeports numériques produits.
Ce qu’on observe sur le terrain avec l’intelligence artificielle, c’est que nous pourrons surveiller les risques en temps réel à l’autre bout du monde. Mais l’humain restera central pour le dialogue et la négociation. L’acheteur de 2030 sera un “chef d’orchestre de la valeur globale”, capable de concilier les impératifs de souveraineté, de décarbonation et de rentabilité. Concrètement, notre métier aura gagné en noblesse : nous serons les garants de l’éthique de l’entreprise dans le monde réel.
5 questions rapides — vrai/faux
Hugo Vasseur : Les achats responsables, est-ce seulement pour les grands groupes ? Claire Delannoy : Faux. Les PME sont de plus en plus sollicitées par leurs clients (grands groupes) et leurs banquiers. C’est désormais une condition d’accès au marché pour tout le monde, quelle que soit la taille. Cette exigence est encore plus forte côté commande publique : notre entretien avec un chargé des marchés publics en collectivité détaille comment les clauses environnementales deviennent obligatoires dans tous les marchés publics à compter d’août 2026.
Hugo Vasseur : Le critère écologique est-il plus important que le critère social ? Claire Delannoy : Faux. Ils sont indissociables. C’est ce qu’on appelle la “juste transition”. Décarboner une chaîne d’approvisionnement en ignorant les conditions de travail des ouvriers est une erreur stratégique et éthique majeure.
Hugo Vasseur : Un label RSE garantit-il à 100 % l’absence de risques ? Claire Delannoy : Faux. Un label est une photo à un instant T. C’est un excellent indicateur, mais il ne dispense pas d’une vigilance continue et d’une analyse critique des pratiques réelles du fournisseur.
Hugo Vasseur : Le devoir de vigilance s’applique-t-il aux fournisseurs français ? Claire Delannoy : Vrai. Les risques de sécurité au travail, de discrimination ou de pollution accidentelle n’ont pas de frontières. La vigilance doit s’exercer partout, avec la même rigueur.
Hugo Vasseur : Les achats responsables favorisent-ils l’innovation ? Claire Delannoy : Vrai. En posant des contraintes environnementales ou sociales fortes, on force les ingénieurs et les fournisseurs à sortir des sentiers battus et à inventer les solutions de demain.
Vos conseils finaux pour une démarche réussie
- Commencez par une cartographie des risques sincère : Ne cherchez pas à tout traiter d’un coup. Identifiez vos 20 % de fournisseurs qui représentent 80 % de vos risques ou de vos impacts environnementaux et concentrez vos efforts prioritaires sur eux.
- Formez vos acheteurs techniquement : La bonne volonté ne suffit pas. Un acheteur doit comprendre ce qu’est un bilan carbone Scope 3 ou une analyse de cycle de vie pour pouvoir challenger intelligemment un fournisseur lors d’une négociation.
- Instaurez un dialogue de confiance : Ne voyez pas vos fournisseurs comme des adversaires à auditer, mais comme des partenaires de transition. Soyez transparent sur vos propres objectifs et aidez-les à progresser. La co-construction est la clé de la résilience.
Cet entretien avec Claire Delannoy souligne l’urgence pour les entreprises de structurer leur chaîne d’approvisionnement face aux défis climatiques et sociaux. Pour approfondir ces thématiques, notamment dans des secteurs spécifiques, nous vous invitons à suivre les rencontres et le dialogue autour des agricultures durables, un exemple concret de collaboration entre acteurs économiques pour une transition réussie.
Questions frequentes
Le devoir de vigilance est l'obligation légale pour les grandes entreprises d'identifier et de prévenir les risques d'atteintes graves aux droits humains et à l'environnement chez leurs fournisseurs et sous-traitants, y compris de rang 2 ou 3. Concrètement, il se traduit par une cartographie des risques par catégorie d'achat, des clauses contractuelles permettant des audits inopinés, et une exclusion du panel en cas de refus de transparence.
Il faut donner une pondération significative aux critères environnementaux et sociaux dans la grille d'évaluation, en visant 15 à 30 % selon les marchés stratégiques, plutôt qu'une simple case à cocher à 5 %. Les réponses doivent être étayées par des chiffres et des certifications comme EcoVadis, pas par des formulations vagues sur l'engagement écologique.
Les grandes entreprises et groupes internationaux dépassant certains seuils d'effectifs sont directement soumis à l'obligation légale. Mais dans les faits, la pression se propage à toute la chaîne de valeur : les PME et TPE fournisseurs sont de plus en plus sollicitées par leurs clients et leurs banquiers pour démontrer leur conformité, même sans y être directement assujetties.
Les questionnaires d'auto-évaluation constituent une première étape de filtrage utile mais limitée, car les fournisseurs ont tendance à s'embellir sur papier. Les audits tiers réalisés par des organismes indépendants et les visites sur site permettent de vérifier la réalité du terrain : propreté, équipements de protection, climat social et cohérence avec les documents fournis.
Les entreprises s'appuient sur des plateformes de notation comme EcoVadis, des labels sectoriels reconnus, des Analyses de Cycle de Vie conformes aux normes ISO 14040/44, et des certifications comme ISCC+ pour les matières biosourcées. Ces outils sont adaptés à la taille du fournisseur, avec des exigences progressives pour les PME et TPE.
Pas nécessairement si l'on raisonne en Coût Total de Possession plutôt qu'en simple prix d'achat. Un produit moins cher mais plus énergivore, moins fiable ou exposant à un risque juridique coûte souvent plus cher au final. Réduction des emballages, durabilité des composants et anticipation des taxes carbone font des achats responsables un levier d'efficience économique.



