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Mathilde Fernandez, consultante en comptabilité carbone

Bilan carbone des PME : entretien avec Mathilde Fernandez, consultante GHG Protocol certifiée

15 min Par Sophie Marchand

Les PME sont souvent démunies face à l'obligation de bilan carbone. Mathilde Fernandez, consultante GHG Protocol certifiée à Nantes, explique comment démarrer, quels outils utiliser, et comment transformer ce diagnostic en avantage compétitif.

Depuis la loi Grenelle II et l’accélération des obligations CSRD, le bilan carbone est passé du statut de démarche volontaire à celui d’impératif stratégique pour des milliers d’entreprises françaises. Pourtant, entre les scopes 1, 2 et 3, les référentiels GHG Protocol, les outils de l’ADEME et les exigences réglementaires en constante évolution, beaucoup de dirigeants de PME se sentent seuls face à une montagne. Comment réaliser le bilan carbone de votre entreprise sans y consacrer une année entière ni un budget de grand groupe ?

Nous avons rencontré Mathilde Fernandez, consultante en comptabilité carbone certifiée GHG Protocol au cabinet Greenfin Conseil à Nantes. En six ans de terrain, elle a accompagné plus de quarante PME dans leur démarche de bilan carbone, des industries agroalimentaires bretonnes aux entreprises de services numériques ligériennes. Elle partage avec nous sa méthode, ses outils préférés, et sa vision très concrète d’un exercice que beaucoup redoutent mais que presque toutes ses clientes finissent par trouver… révélateur.

Mathilde Fernandez, consultante GHG Protocol certifiée
Mathilde Fernandez Consultante en comptabilité carbone, certifiée GHG Protocol Cabinet Greenfin Conseil, Nantes

Présentation et méthode de cadrage du bilan carbone

Sophie Marchand : Mathilde Fernandez, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Quel a été le déclic qui vous a amenée à vous spécialiser dans la comptabilité carbone ?
Mathilde Fernandez : J'ai une formation d'ingénieure en génie industriel, et j'ai travaillé pendant cinq ans dans le conseil en organisation pour des PME manufacturières. C'est là que j'ai réalisé à quel point la question des émissions carbone était traitée soit comme une contrainte réglementaire à minimiser, soit comme un sujet trop complexe pour être abordé sérieusement. Le déclic, ça a été 2019 : une PME de 120 salariés que j'accompagnais dans une démarche lean a perdu un appel d'offres majeur parce qu'elle ne pouvait pas répondre aux critères carbone du donneur d'ordres. Le dirigeant ne savait même pas ce qu'était un scope 3. J'ai compris que le sujet allait devenir central — pas dans dix ans, mais immédiatement. J'ai passé ma certification GHG Protocol l'année suivante et j'ai créé Greenfin Conseil en 2021. Aujourd'hui, j'accompagne en moyenne huit à dix PME par an dans leur premier bilan carbone, et je ne désemplis pas.
Sophie Marchand : Quand une PME vous contacte pour la première fois, par où commencez-vous vraiment ? Quelle est la toute première étape concrète ?
Mathilde Fernandez : La première chose que je fais, c'est ce que j'appelle un entretien de cadrage de deux heures avec la direction. L'objectif est de définir deux périmètres : le périmètre organisationnel — est-ce qu'on fait le bilan de l'entreprise entière, d'un site, d'une filiale ? — et le périmètre opérationnel, c'est-à-dire jusqu'où on va dans les scopes. Scope 1, c'est les émissions directes : votre flotte de véhicules, votre chaudière au gaz. Scope 2, ce sont les émissions indirectes liées à l'énergie achetée, principalement l'électricité. Scope 3, c'est tout le reste, en amont et en aval : vos fournisseurs, vos salariés qui font la navette, vos clients qui utilisent vos produits. Une fois ce cadrage posé, on établit une liste de données à collecter. C'est souvent là que les équipes réalisent qu'elles n'ont pas de base de données centralisée sur leurs achats ou leurs déplacements. Organiser la collecte des données, c'est 60 % du travail réel d'un bilan carbone.
Sophie Marchand : Justement, quels outils gratuits de l'ADEME recommandez-vous en priorité pour une PME qui souhaite se lancer en autonomie ?
Mathilde Fernandez : L'outil phare, c'est Bilan GES de l'ADEME, disponible sur bilans-ges.ademe.fr. C'est un tableur guidé, structuré par scope, avec des facteurs d'émission préchargés issus de la Base Empreinte de l'ADEME. Pour les scopes 1 et 2, une PME de quarante à soixante salariés peut s'en sortir en deux jours de travail interne avec un responsable administratif motivé. Il y a aussi le guide méthodologique de l'ADEME sur les bilans GES, téléchargeable gratuitement, qui explique comment traiter chaque poste d'émission. Pour le scope 3, je recommande de commencer par les cinq postes les plus significatifs — généralement les achats de biens et services, les déplacements professionnels, les trajets domicile-travail, les immobilisations et l'utilisation des produits vendus. Ne cherchez pas à tout calculer d'un coup : un scope 3 partiel mais bien documenté vaut mieux qu'un scope 3 exhaustif rempli à la louche. Sur l'aspect réglementaire, les [obligations BEGES](/blog/bilan-carbone-obligatoire-entreprises-2026/) ont évolué en 2026 — il faut vérifier si votre entreprise entre dans le périmètre obligatoire.

Chef d'entreprise PME qui consulte son bilan carbone

Scope 3, obligations réglementaires et comment convaincre la direction

Sophie Marchand : Le scope 3 fait peur à beaucoup de dirigeants. Est-ce un cauchemar ou une opportunité pour les PME ?
Mathilde Fernandez : C'est les deux à la fois, et c'est précisément ce qui le rend intéressant. C'est un cauchemar parce que les données sont dispersées chez des dizaines de fournisseurs, souvent non digitalisées, parfois inexistantes. Une PME qui fabrique des pièces métalliques et veut calculer les émissions liées à l'extraction de l'acier qu'elle achète doit parfois aller chercher l'information directement auprès de son sidérurgiste — qui lui-même n'a pas toujours la réponse. Mais c'est une formidable opportunité parce que le scope 3, c'est là que se trouvent les vraies leviers de réduction. Souvent, je découvre avec mes clientes que 70 à 80 % de leurs émissions totales sont dans le scope 3. Réduire les émissions du scope 1 et 2 d'une PME de services, ça peut représenter 5 % de gains. Travailler sur ses achats et ses fournisseurs, ça peut représenter 40 % de gains. Les entreprises qui ont compris ça ne voient plus le scope 3 comme un problème de conformité, mais comme une carte stratégique. Pour ce qui est de l'[agriculture durable et comptabilité carbone](https://rencontresdesagricultures.com/), le scope 3 amont est particulièrement crucial dans les filières alimentaires.
Sophie Marchand : Comment convaincre un dirigeant de PME réticent ? Quels arguments fonctionnent vraiment sur le terrain ?
Mathilde Fernandez : J'ai appris à ne jamais commencer par l'argument moral ou climatique avec un dirigeant qui n'est pas déjà convaincu. Ce n'est pas que le sujet ne compte pas — bien sûr qu'il compte — mais un dirigeant de PME qui fait face à des marges serrées, des difficultés de recrutement et une inflation des coûts de l'énergie a besoin d'arguments business concrets. Le premier argument qui fonctionne, c'est la réglementation : depuis la CSRD et les décrets d'application du plan de vigilance, ne pas avoir de bilan carbone commence à être un risque légal réel pour les PME qui travaillent avec des grands groupes. La [CSRD et reporting durabilité](/blog/csrd-reporting-durabilite-entreprises-2026/) créent une pression en cascade sur toute la chaîne de valeur. Le deuxième argument, c'est l'accès aux marchés : j'ai vu des PME perdre des contrats de plusieurs millions d'euros parce qu'elles ne pouvaient pas répondre à la question « quelle est l'empreinte carbone de votre prestation ? ». Le troisième argument, c'est la maîtrise des coûts : un bilan carbone bien fait révèle souvent des gaspillages énergétiques ou logistiques que personne n'avait quantifiés. J'ai eu une PME de transport qui a découvert qu'elle pouvait réduire sa facture carburant de 18 % en optimisant ses tournées — le bilan carbone lui avait donné les données pour le voir.

Budget, coûts et erreurs fréquentes

Sophie Marchand : Quel est le coût moyen d'un accompagnement externe pour une PME de cinquante à deux cents salariés ?
Mathilde Fernandez : Il faut distinguer plusieurs niveaux d'accompagnement. La formule la plus légère, c'est ce que j'appelle l'accompagnement cadrage-et-contrôle : le consultant pose le périmètre, forme un référent interne, vérifie la méthodologie et valide les résultats. Les équipes collectent les données elles-mêmes. Ce type de prestation tourne entre 2 000 et 4 000 euros pour une PME de cinquante salariés. L'accompagnement complet, où le cabinet structure tout, collecte les données, réalise les calculs et produit le rapport final avec un plan de réduction, c'est entre 6 000 et 15 000 euros selon la complexité du scope 3. Il y a aussi des outils SaaS spécialisés — Sweep, Greenly, Greenfish — qui proposent des abonnements entre 300 et 800 euros par mois avec un niveau d'accompagnement humain variable. Ce que beaucoup de PME ignorent, c'est que certains OPCO et régions cofinancent la démarche. En Pays de la Loire par exemple, il existe des dispositifs qui prennent en charge jusqu'à 50 % du coût d'un premier bilan carbone dans le cadre du plan de compétences. Ça change vraiment l'équation financière.
Sophie Marchand : Quelles sont les erreurs les plus fréquentes que vous observez lorsqu'une PME réalise son premier bilan carbone ?
Mathilde Fernandez : Il y en a trois qui reviennent systématiquement. La première, c'est de confondre bilan carbone et bilan énergétique. Ce ne sont pas du tout les mêmes périmètres. Un bilan énergétique mesure la consommation d'énergie en kilowattheures. Un bilan carbone mesure les émissions de gaz à effet de serre en équivalent CO₂, en tenant compte des facteurs d'émission de chaque énergie et en couvrant des postes que le bilan énergétique n'inclut pas, comme les achats ou les déplacements des salariés. J'ai vu des PME présenter leur bilan énergétique à un donneur d'ordres qui demandait un bilan carbone — c'est une erreur qui peut coûter un marché. La deuxième erreur, c'est de sous-estimer le scope 3. Je l'ai déjà dit, mais je le répète parce que c'est vraiment le piège numéro un. La troisième erreur, et peut-être la plus grave du point de vue stratégique, c'est de faire un bilan sans plan de réduction associé. Un diagnostic sans action n'a aucune valeur. Le bilan carbone n'est pas une fin en soi — c'est un point de départ. Si vous mesurez pour mesurer et que rien ne change derrière, vous avez investi du temps et de l'argent pour rien.

Atelier bilan carbone dans une PME industrielle

Différenciation commerciale et exemples concrets

Sophie Marchand : Le bilan carbone peut-il vraiment aider une PME à se différencier commercialement ? Avez-vous des exemples concrets ?
Mathilde Fernandez : Absolument, et c'est devenu un argument commercial de plus en plus puissant depuis 2023. J'ai une cliente, une PME spécialisée dans la fabrication d'emballages en carton recyclé dans la région de Saint-Nazaire, qui a réalisé son premier bilan carbone complet en 2023 et a intégré un plan de réduction sur trois ans. Elle peut maintenant répondre aux questions de ses clients grands groupes sur l'empreinte de ses produits avec des données précises et vérifiées. En dix-huit mois, elle a décroché deux nouveaux contrats avec des entreprises qui avaient éliminé ses concurrents — moins bien documentés sur le carbone — dès la phase de présélection. L'agroalimentaire, la construction, la logistique et le textile sont les secteurs où ce critère pèse le plus dans les appels d'offres aujourd'hui. Et les [haies bocagères et séquestration carbone](https://rencontres-arbres-haies-champetres.fr/) illustrent bien comment des approches territoriales de compensation carbone commencent à intéresser les PME rurales qui veulent aller plus loin que le simple bilan. La dynamique est claire : dans trois à cinq ans, ne pas avoir de bilan carbone sera disqualifiant dans de nombreux secteurs, comme ne pas avoir d'attestation URSSAF l'est aujourd'hui.

Section “Questions rapides — idées reçues”

Sophie Marchand soumet à Mathilde Fernandez cinq affirmations courantes sur le bilan carbone des PME. Vrai ou faux ?

  • “Le bilan carbone, c’est surtout pour les grandes entreprises.”FAUX. Si le BEGES est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés, les PME sont de plus en plus concernées via leurs donneurs d’ordres et via la CSRD pour les plus grandes d’entre elles. Et surtout, les bénéfices opérationnels d’un bilan — maîtrise des coûts, compétitivité commerciale — s’appliquent pleinement dès cinquante salariés.

  • “Il faut des données parfaites pour faire un bilan carbone sérieux.”FAUX. Le GHG Protocol admet explicitement les données d’activité approximatives pour le scope 3, en recommandant des fourchettes d’incertitude documentées. Un bilan carbone avec 80 % des données réelles et 20 % d’estimations documentées est infiniment plus utile qu’aucun bilan du tout.

  • “Le bilan carbone est un exercice purement comptable qui ne change rien en interne.”FAUX dans 80 % des cas. Presque toutes les PME que j’accompagne font une ou plusieurs découvertes surprenantes lors du bilan : une flotte de véhicules plus émettrice qu’on ne le croyait, un poste achats qui domine toutes les autres catégories, des déplacements domicile-travail qui pèsent plus que l’ensemble des déplacements professionnels. Ces découvertes changent les priorités et la façon dont les managers prennent des décisions.

  • “Compenser ses émissions par des crédits carbone suffit pour être ‘neutre en carbone’.”FAUX et dangereux. La compensation carbone par des crédits (reforestation, captage CO₂) est un complément possible pour les émissions incompressibles, pas un substitut à la réduction. La norme ISO 14064 et le GHG Protocol sont très clairs là-dessus. Les entreprises qui se proclament “neutres en carbone” sur la base de compensations sans plan de réduction s’exposent à des accusations de greenwashing, désormais sanctionnées par la directive UE 2024/825 sur les allégations environnementales.

  • “Un bilan carbone, c’est un document qu’on sort et qu’on archive.”FAUX. Un bilan carbone pertinent est un bilan mis à jour tous les trois à quatre ans au minimum, avec un suivi annuel des indicateurs clés (consommation énergie, kilométrage flotte, volume achats). Sans mise à jour régulière, le bilan perd sa valeur de pilotage. J’encourage mes clientes à nommer un référent carbone interne dès le premier bilan — même à temps très partiel.

  • “Le bilan carbone est trop coûteux pour une TPE de moins de dix salariés.”VRAI dans sa version complète, FAUX dans sa version simplifiée. Pour une TPE, je recommande de commencer par le Bilan GES simplifié de l’ADEME sur les scopes 1 et 2 uniquement, en autonomie totale. C’est faisable en une journée de travail, gratuitement, et ça donne une base de référence utile. Le scope 3 peut être traité dans un second temps lorsque la démarche est mature.


Sophie Marchand : Quelles tendances voyez-vous se dessiner en 2026 pour la comptabilité carbone des TPE et PME ? Qu'est-ce qui va changer concrètement dans les prochains mois ?
Mathilde Fernandez : Plusieurs tendances me semblent structurantes pour 2026. La première, c'est la numérisation de la collecte de données. Les outils SaaS de comptabilité carbone deviennent de plus en plus connectés aux systèmes ERP et aux logiciels comptables. Dans deux ans, une PME équipée d'un logiciel compatible pourra automatiser 60 à 70 % de la collecte des données scopes 1 et 2 — ce qui réduira considérablement le coût et la friction d'un premier bilan. La deuxième tendance, c'est la montée en puissance des bilans carbone sectoriels mutualisés. Des fédérations professionnelles commencent à développer des référentiels sectoriels partagés — facteurs d'émission spécifiques à une filière, méthodes de collecte standardisées — qui permettent à des PME d'un même secteur de ne pas réinventer la roue chacune de leur côté. La troisième tendance, c'est l'intégration du carbone dans les tableaux de bord de pilotage des dirigeants. Les PME les plus avancées ne font plus un bilan carbone une fois tous les quatre ans — elles suivent leurs émissions comme elles suivent leur chiffre d'affaires. Le [reporting carbone réglementaire](/blog/reporting-carbone-entreprise-2026/) va dans ce sens, avec des exigences de communication annuelle pour un périmètre croissant d'entreprises. Et enfin, la réglementation va continuer à s'étendre : la CSRD touche progressivement des entreprises de plus en plus petites, et les décrets d'application vont préciser les obligations pour les PME fournisseurs des grandes entreprises déjà concernées.
Sophie Marchand : Pour finir, si vous deviez donner un seul conseil à un dirigeant de PME qui veut se lancer cette semaine dans un bilan carbone, ce serait lequel ?
Mathilde Fernandez : Ne pas attendre la perfection pour commencer. C'est vraiment ça, le conseil numéro un. J'ai rencontré trop de dirigeants qui attendaient d'avoir toutes leurs données parfaitement organisées, un logiciel dédié installé, un référent carbone formé, et la bonne conjoncture économique pour démarrer. Résultat : ils n'ont pas commencé. Mon conseil concret pour cette semaine : prenez l'outil Bilan GES de l'ADEME, ouvrez-le, et remplissez les trois premières lignes du scope 1 avec vos factures d'énergie de l'année dernière. Rien de plus. Ça prend une heure. Et cette heure va vous donner une idée de ce que c'est — et surtout, ça va casser la peur de la complexité. Le bilan carbone est un outil de connaissance de son entreprise. Plus vous le faites tôt, plus vous avez de temps pour agir. Et dans un contexte réglementaire qui évolue aussi vite que celui que nous vivons, le temps est précisément ce dont les PME manquent le plus.

Les 3 choses à retenir

  1. Commencer par les scopes 1 et 2 avec les outils gratuits de l’ADEME : c’est faisable en autonomie, en quelques jours, et c’est la base indispensable avant d’aborder le scope 3. Les outils existent, le coût peut être nul si vous le faites en interne.

  2. Le scope 3 représente souvent 70 à 80 % des émissions réelles d’une PME : ne pas l’adresser, c’est travailler sur la marge et ignorer l’essentiel. Commencez par les cinq postes les plus significatifs de votre secteur, documentez vos estimations, et améliorez la précision à chaque bilan.

  3. Un bilan carbone sans plan de réduction n’a aucune valeur stratégique. Le diagnostic n’est qu’un point de départ. Les PME qui transforment leur bilan carbone en feuille de route de réduction concrète, avec des objectifs chiffrés et un suivi annuel, sont celles qui en tirent un avantage compétitif durable — et qui se préparent sereinement aux évolutions réglementaires à venir.


FAQ — Bilan carbone des PME

Questions frequentes

La première étape est de définir son périmètre organisationnel (quelles entités ?) et opérationnel (scopes 1, 2, et si possible 3). Il faut ensuite collecter les données d'activité : factures d'énergie, notes de frais, données achats. L'outil Bilan GES de l'ADEME est gratuit et guidé — une PME de 50 personnes peut compléter les scopes 1 et 2 en 2 jours de travail interne.

Entre 0 € (en autonomie avec les outils gratuits ADEME pour scopes 1+2 uniquement) et 8 000 à 15 000 € pour un accompagnement complet incluant le scope 3. La moyenne pour une PME de 50 à 200 salariés avec accompagnement partiel se situe entre 3 000 et 6 000 €. Certains OPCO cofinancent cette démarche dans le cadre du plan de développement des compétences.

Pour le BEGES obligatoire (loi Grenelle II), le scope 3 est recommandé mais optionnel. Pour la CSRD (applicable aux PME cotées à partir de 2026), certains aspects du scope 3 deviennent obligatoires (notamment les émissions liées aux achats et à l'utilisation des produits). Pour une PME non cotée, commencer par les scopes 1 et 2 est pragmatique.

Les trois erreurs les plus fréquentes : 1) Sous-estimer le scope 3 qui représente souvent 70 à 80% des émissions totales. 2) Confondre bilan carbone et bilan énergétique (ce ne sont pas les mêmes périmètres). 3) Faire le bilan sans plan de réduction associé — un diagnostic sans action n'a aucune valeur stratégique.

Oui, de plus en plus. Les grands groupes incluent désormais des critères carbone dans leurs appels d'offres fournisseurs (scope 3 de leur côté). Une PME qui peut présenter un bilan carbone et un plan de réduction documentés se différencie concrètement. Certains secteurs comme la construction, l'agroalimentaire et la logistique sont particulièrement sensibles à ce critère depuis 2023.